Abidjan nous souhaite Akwaba

On commence à prendre nos marques dans le village des Jeux de la Francophonie. Premier constat : c’est doux deh ! Petit tour d’horizon :

ceremonie 4Quel accueil ! Une chose est sûre, les Abidjanais savent recevoir. La vibe du village est énorme. C’est vraiment agréable d’y passer du temps et tant mieux parce qu’on y et souvent. Musique partout, scène avec spectacles, terrains et salles d’entraînement à disposition pour les participants, boutiques, discothèque, grande cantine avec de la bonne graillance …

 Les dortoirs sont rudimentaires, mais confortables. C’est assez propre, grâce à l’équipe de nettoyage qui passe tous les jours. Seul petit bémol, l’eau froide pour la douche, mais on s’y habitue.

Pour sortir du village, on a le choix entre les bus (escortés par la police) ou bien le bateau pour traverser la lagune. Les endroits où se déroulent les concours sont situés en dehors du village de la Francophonie. Ca nous permet de découvrir les infrastructures sportives et culturelles de la capitale et franchement, c’est du lourd.

Il faut avouer que ces jeux sont relativement bien organisés par nos amis Ivoiriens. Bien sûr, y a des trucs un peu freestyle, mais en gros, ils gèrent de ouf. A l’image de cette cérémonie d’ouverture retransmise en live sur TV5 Monde avec Magic System et un stade national rempli, c’est pro et maîtrisé. On sent que c’est vraiment un EVENEMENT pour le pays. Un peu comme si l’Euro était organisé chez nous à Bx. C’est impressionnant et pour être honnête, on ressent plus ça ici que lorsqu’on était en France il y a 4 ans.

Ce qu’on fait de nos journées ? Pour l’instant, on répète 3h par jour et le reste, on va soutenir les autres équipes belges. On est souvent à 5 (Milo, Ayrton, Atlan, Yannick et Valentin, notre régisseur lumière), mais on fait énormément de rencontres de nature différente. Les premiers qu’on a rencontrés, c’était Thierry et Marius, deux habitants d’Abidjan qui travaillent dans la discothèque.

Ensuite, il y a eu nos compatriotes de la délégation belge : athlètes, kinés, joueuses de basket, les judokas ou encore Maxime et Julien, les deux artistes du concours création numérique. Le premier est plus connu sous le nom d’Eskondo, DJ de la sphère du hip-hop belge qui est dans tous les festivals de Belgique et d’ailleurs (la clique à Jean Jass et Caba, Exodarap, etc). Le deuxième est plus connu sous le nom de Cali, b-boy renommé du crew One Piece de Liège et aujourd’hui, DJ dans le b-boying.

Pour résumer, c’est vraiment une expérience humaine incroyable et tellement nécessaire. Ce genre d’initiatives permet à la jeunesse du monde entier de se rencontrer, de se respecter, d’échanger. Créer des ponts entre les différentes communautés et ainsi se rendre compte que tout ce qui nous relie est bien plus important que ce qui nous sépare.

Quelques petites choses qui me questionnent quand même lors de ce concours…

La première est liée à l’absurdité de notre situation politique belge. A la place de représenter la Belgique dans ces Jeux de la Francophonie, nous représentons la Fédération Wallonie-Bruxelles. Inutile de vous dire que les Maliens ou les Malgaches ont du mal à comprendre ce qu’est ce nom à rallonge et pourquoi il n’y a pas de drapeau belge sur notre immeuble (mais un coq rouge sur fond jaune – oui, comme vous l’avez remarqué ce n’est même pas celui de la FWB). Et puis, pour nous aussi (artistes et sportifs), c’est naze… On a envie de représenter notre pays, d’avoir un semblant d’identité à défendre. Nous demander de défendre celle de la Fédération Wallonie-Bruxelles face à 53 autres nations telle que la France ou le Sénégal, est artificiel et sonne assez creux. Comme l’impression qu’avec ces montages politico-institutionnels, on se tire une belle balle dans le pied en ne faisant même plus exister notre pays dans ce genre de concours international.

La deuxième, c’est cette impression que les Blancs semblent plus respectés par les membres du staff ivoirien et par les forces de l’ordre que les Africains. Ca se traduit par des petites choses, mais cette impression est désagréable et m’interroge sur la raison de cette différence de traitement.

Plus que deux fois dormir avant la phase de qualification au Palais de la Culture. On vous tiendra au courant dès qu’on a les résultats. On est dans la même poule que le Niger, le Cambodge, la Centrafrique et … la Côte d’Ivoire.

Peace la mif et merci beaucoup pour votre soutien.