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Jeny et Sam, deux Belges dans une des plus grandes compagnies françaises de hip-hop

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Interview de Jeny et Sam (Nomad Soul)

Voici déjà deux semaines que nos compatriotes Jeny et Sam ont rejoint Lyon pour intégrer Käfig, la célèbre compagnie de danse hip-hop. Sélectionnées par Mourad Merzouki lui-même lors de l’audition mise en place pour le projet européen 7 steps, les deux danseuses vivent actuellement leur première expérience de résidence dans une des plus grosses compagnies françaises de hip-hop.

Le projet 7 steps est une initiative européenne qui consiste à former un réseau européen de danses urbaines. L’objectif est d’encourager la professionnalisation des danseurs hip-hop et de développer la reconnaissance de cette danse à travers l’Europe. Et oui, l’Europe fait aussi des choses pour nous, danseurs hip-hop, même si on ne s’en rend pas toujours compte.

En Belgique, c’est l’association Lezarts urbains qui a coordonné ce projet et qui nous a donc informés du casting. Mais laissons maintenant la parole à Jeny et Sam, alias Nomad Soul.

Vous pouvez nous expliquer comment s’est passée la sélection ?

Jeny : Mourad nous a demandé de créer des passages chorégraphiques par groupe de deux danseurs et de l’apprendre par la suite à l’ensemble du groupe.  Il a aussi demandé à chacun de faire un passage en freestyle, c’est cette dernière étape qui m’a aidé à être sélectionnée je pense.

Sam : Seuls deux danseurs ont été retenus par pays et cette audition s’est déroulée dans cinq pays européens : l’Angleterre, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas et la Belgique. Au final, dix danseuses ont été choisies, il n’y a aucun gars.

Expliquez-nous comment se passe la résidence ?team-7steps

Jeny : On loge pendant quatre semaines à Lyon et nous dansons chaque jour de 9h à 18h dans un Centre chorégraphique à Bron (banlieue lyonnaise) qui s’appelle Pôle Pik. On a un appartement pour nous deux qui est très agréable et spacieux. Après deux semaines, on va changer le rythme et on va répéter de 13h à 22h.

Sam : Lyon est une ville magnifique et ça bouge beaucoup au niveau culturel. En plus, on dispose d’un pass culture qui nous donne accès à toutes les activités culturelles de la ville. Mais on est tellement fatiguées, qu’on n’en profite pas vraiment. On n’a pas l’habitude de s’entraîner autant, c’est très chaud physiquement pour tenir le coup. C’était vraiment difficile au début, mais on commence à s’y habituer et en même temps, ça fait du bien de se donner autant à fond.

Ca se passe bien avec les autres danseuses ?

Jeny : C’est vraiment une belle rencontre. Elles ont toutes un très haut niveau et un grand parcours artistique derrière elles. C’est très enrichissant de rencontrer des danseuses aussi expérimentées. Peut-être même que cette expérience humaine, c’est la plus grande richesse de cette aventure pour moi.

Sam : Ce qui me marque, c’est qu’elles sont extrêmement polyvalentes. Elles maîtrisent plusieurs styles de danse ce qui est nécessaire avec un chorégraphe comme M. Merzouki.

Et justement avec Mourad Merzouki, ça se passe comment ?

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Jeny :  Il est très exigeant, mais agréable à vivre. Son travail de directeur artistique consiste à nous donner la direction dans laquelle doivent aller les différentes phases du spectacle, mais c’est à nous de produire la gestuelle. 

Sam : Il est très axé sur le break et son style est plutôt d’inspiration old school. Ce qui contraste avec nous et particulièrement avec Jeny qui n’avait jamais fait de break auparavant.

En comparaison avec la Belgique, quelle est la place de la danse hip-hop en France ?

Jeny : En Belgique, on a trois guerres de retard. On manque clairement de structures et de respect.

C’est pas le même combat…

« En Belgique, on se bat pour avoir des salles de répétition, alors qu’eux se battent pour mettre des compagnies sur pied. »

Malgré ça, il n’y a pas trop de différence de niveaux entre les danseuses, mais je me pose la question de la possibilité de professionnalisation dans de telles conditions … Comme il n’existe que très peu de structures chez nous, le danseur est amené à tout faire lui-même. Et bien souvent il ne sait pas le faire.

Sam : Oui c’est vraiment flagrant que c’est pas le même monde, les budgets et la reconnaissance du hip-hop en France et en Belgique n’ont vraiment rien à voir.

Quel bilan vous pouvez en tirer après ces deux premières semaines ?jeny3

Jeny : C’est vraiment une belle expérience, mais je ne pourrais pas faire ça toute ma vie. J’aimerais bien continuer pendant 4-5 ans. C’est vraiment très exigeant au niveau physique.

Sam : Et puis y a une différence entre la danse passion et la danse métier. En faire sa raison de vivre me fait un peu peur. Je ne sais pas encore si j’ai envie de faire ça pour gagner ma vie.

Des big up ?

Jeny : Toute la famille Impulsion, Yannick, Benji, Gabson qui a toujours été là depuis mes débuts, Yves Ruth pour ses conseils, la Belgique et Sam pour avoir partagé cette aventure magique.

Sam : La famille, Bxl, Liège.

On pourra voir l’aboutissement de cette création à Bruxelles lors du prochain festival Lezarts Urbains (également soutenu par l’Europe) le 28 mars 2015.